Si la peinture doit représenter une vision du monde ou celle de l’artiste à travers son regard , je peints un monde en évolution et transformation, la relation quotidienne entre l’homme et la symbolique d’une série de géométries qui l’ entourent et qui l’interpellent. Aujourd’hui nous sommes envahis par des images-écrans qui définissent une certaine image de l’humanité. Tout autour de nous des espaces, murs, panneaux etc.…, provisoires , masquent ou anticipent de nouvelles images ou de nouvelles transformations. Ce sont des espaces singuliers, qui de prime abord se transforment en représentations abstraites, sous forme de signes, de traces et de « notations rythmiques » à échelle humaine.
La vision de ces images créent un rapport entre l’émotion du regard et la part rationnelle de l’homme, une géométrie de la raison qui nous ouvre d’un côté : une lecture subjective des codes ou « écritures étranges », et d’autre part, un rappel à revivre autrement certaines utopies artistiques, qui ont laissé des traces culturelles et sociales dans notre mémoire collective. Les peintures sont portées à un point ou la notion de tableau pourrait disparaitre, et seule sa propre autonomie et la force perceptive de ses éléments peuvent le sauver. Austères, sans illusionnismes, les peintures demandent un regard actif et requièrent un parcours mental entre le fond et la forme, afin de comprendre leur mécanisme de représentation : la relation entre l’image, l’architecture et les moyens de production industrielle, ce qui paradoxalement, coexiste avec son pouvoir de séduction visuelle. Une aventure du regard, où le tableau devient écran, et en même temps machine symbolique de la représentation de lui-même.